Personnages protestants qui ont marqué le Dauphiné – ÉPISODE 31

SAGA : « Personnages protestants qui ont marqué le Dauphiné » !

Tous les 1er et 15 de chaque mois, découvrez un épisode !

Épisode 31

Henri ÉBERHARD (1898-1973)

Naît le 20 février 1898 à Elbeuf (76), il est le sixième d’une fratrie de 7 enfants, fils du pasteur Jean ÉBERHARD (1863-1936) et Athénaïs Désirée LAURENT (1865-1956).

Henri fait ses études secondaires au lycée de Tulle (Corrèze) où il obtient ses deux bacs à l’âge de 16 ans. Puis il est étudiant en théologie à Montauban jusqu’à sa mobilisation en 1917, à l’âge de 19 ans. Il est incorporé dans la cavalerie comme brancardier. Sur le front, il a la vision d’avoir la mission d’oeuvrer pour le réveil de l’église. Gazé, décoré croix de guerre. Il est soigné par la suite à l’hôpital de Bayonne.

Le 29 décembre 1919, Henri épouse Blanche LOUSTALOT (1894-1964), et termine sa théologie à Montpellier en 1920. Le couple aura 6 enfants : Paul, Nicette, Pierrli (décédé à la naissance), Malou, Michel, Yvonne. Ils adopteront aussi deux enfants, les neveux de Blanche : Jacqueline et Jean-Pierre LOUSTALOT, devenus orphelins à la suite d’un accident mortel des parents.

En 1921, Henri est nommé pasteur à Dieulefit où il y restera jusqu’en 1942. Il étudie le réveil du pays de Galles au 19e siècle, et se trouve emporté, associé à d’autres pasteurs de la Drôme dans un mouvement de réveil qui portera par la suite le nom de la Brigade Missionnaire de la Drôme (1924-1939). Henri est surnommé « le lion » de la Brigade de la Drôme.

Il devient le coordinateur de leur association, formée de plusieurs pasteurs, avec entre autres, Victor BORDIGONI de La Motte-Chalancon, Jean CADIER de Valdrôme, Pierre CARON de Valréas, Édouard CHAMPENDAL de Vinsobres, Charles LAVAUD de Montélimar, etc. Ce mouvement les entrainera vers des missions dans les pays francophones : la Suisse, la Belgique, l’Algérie. L’organisation de conventions chrétiennes, la création d’une école d’évangélistes, l’édition d’un mensuel.

« Le matin vient » – tiré jusqu’à 5000 exemplaires et la revue de théologie « les cahiers du matin vient ».

Dans la même optique que la Société des Éditions de Toulouse, la Brigade fonde une maison d’édition qui fait paraître plusieurs ouvrages ; des recueils de nouvelles, des pièces de théâtre et un roman.

Dans les années 30 et contrairement à une partie de son auditoire et à d’autres milieux revivalistes en France, Henri ÉBERHARD prend parti pour la recherche de l’unité de l’Église Réformée de France. Il présidera l’un des synodes essentiels de l’unité.

Ce combat pour l’unité lui vaut d’être nommé à Lyon en 1943. Il devient président de la douzième région de l’ERF, membre de la Fédération Protestante de France, ce qui le conduira au conseil d’administration et à la présidence de nombreuses oeuvres : Société des Missions, Asiles John Bost, Société Biblique Française.

Il devient membre du conseil national de l’ERF, puis vice-président.

Henri se sent lié d’amitié aux Juifs. Dès l’entre-deuxguerres, lors du Réveil, il est convaincu que le retour final du Christ rassemblerait l’ancien Israël et l’Église. Il a conscience du drame juif.

Le 14 juillet 1940, son exhortation « Il faut relire les prophètes » en dit long sur son immersion en tant que chrétien dans la religion juive et l’Ancien Testament. Vers la fin de cette même année, l’Église Réformée de Dieulefit décide de baptiser un « Israélite », avec l’autorisation du conseil presbytéral présidé par le pasteur Henri ÉBERHARD.

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Gilbert JOSS, Secrétaire Général du Musée

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