Personnages protestants qui ont marqué le Dauphiné – ÉPISODE 36

SAGA : « Personnages protestants qui ont marqué le Dauphiné » !

Tous les 1er et 15 de chaque mois, découvrez un épisode !

 Épisode 36 

RICOEUR Paul (1913-2005) 

Paul naît à Valence, le 27 février 1913 dans une famille protestante. Son père, Léon Jules RICOEUR (1881-1915) sa mère, Florentine FAVRE (1878-1913). Paul est orphelin de mère et perd son père à la guerre en 1915. Il est élevé par ses grands-parents et l’une de ses tantes, Jeanne Alice RICOEUR (1911-1934), d’un milieu très modeste. 

Il découvre la philosophie au lycée Émile-Zola de Rennes. Licencié en philosophie à l’université de Rennes à l’âge de vingt ans. 

Passionné de lecture, il s’intéresse à la philosophie, qu’il va étudier à la Sorbonne. 

Il est adepte des « Vendredis » de Gabriel MARCEL1 et découvre la revue « Esprit », qui vient d’être créée par Emmanuel MOUNIER2 en 1932. Chrétien radical, il se lie avec André PHILIP3, futur élu du Front Populaire, s’interroge sur la violence et l’État et apprend l’allemand. 

En 1935, il est reçu deuxième à l’agrégation de philosophie et devient professeur, successivement à Saint-Brieuc, Colmar et Lorient. Cette même année, il épouse Simone LEJAS (1911-1997), une amie d’enfance, à Rennes avec qui il a trois enfants qui naissent avant la guerre, Jean-Paul, Noëlle, Marc et deux autres après la guerre, Olivier et Étienne. 

Longtemps partisan du pacifisme et d’une théologie de gauche radicale, il se résout tardivement à l’importance des institutions étatiques. 

Mobilisé en 1939 comme officier de réserve, Paul est fait prisonnier et envoyé en camps en Poméranie orientale. C’est là, à Arnswalde, alors qu’il partage sa chambrée avec sept compagnons intellectuels comme lui, qu’il traduit en secret « Ideen » d’Edmund HÜSSERL (1859-1938), philosophe juif alors banni par le régime nazi. Paul écrit sa traduction dans les marges des pages du livre, qu’il cache sous son matelas. 

Après la deuxième guerre mondiale, Paul devient pour trois ans professeur au Chambon-sur-Lignon, haut lieu de Résistance protestant de Haute-Loire, qui s’était illustré en sauvant 600 enfants juifs de la déportation. 

En 1948, il s’installe à Strasbourg, pour enseigner à l’Université et terminer sa thèse sur la Volonté (1950). Il y vivra « huit années très heureuses ». Son engagement philosophique le mène à prendre position sur des questions essentielles de société dans la revue Le Christianisme social, et à analyser le « paradoxe politique », notamment dans la revue Esprit. 

Élu professeur à la Sorbonne en 1956, Paul vient s’installer avec sa famille aux « Murs Blancs » à Châtenay-Malabry, ville de la banlieue parisienne, où Emmanuel MOUNIER avait créé une communauté autour d’Esprit en 1939. Paul entre en contestation avec le gouvernement français et l’OAS sur la guerre d’Algérie. 

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Gilbert JOSS, Secrétaire Général du Musée