SAGA : « Personnages protestants qui ont marqué le Dauphiné » !
Tous les 1er et 15 de chaque mois, découvrez un épisode !
Épisode 32
CADIER Jean (1898-1981)
Jean naît le 1er juillet 1898 à Vabre (Tarn) est le fils de Gustave Cadier (1864-1948), pasteur, et d’Hélène Peaudecerf (1974-1905). Son grand-père, Alphonse CADIER (1816-1911) était aussi pasteur.
Il s’inscrit à la faculté de théologie protestante de Montauban en 1916, mais ses études sont interrompues par sa mobilisation durant la Première Guerre mondiale. Il reprend ses études à la faculté de théologie de Montpellier qui a succédé en 1919 à celle de Montauban, et il soutient en 1923 une thèse pour l’obtention du grade de bachelier en théologie, intitulée Notes exégétiques sur le titre de Fils de Dieu dans les évangiles synoptiques.
Jean se marie le 13 juillet 1922 à Oloron-Sainte-Marie (64) avec Madeleine Laffite (1899-1945).
À la suite du décès de Marguerite, il se remarie le 22 octobre 1947 avec Annette Madeleine Warnery (1907-2013). Le couple a une fille, Frédérique.
Il devient pasteur de l’Église Réformée de France en 1923. Son premier poste est à Valdrôme. Il y restera jusqu’en 1934. Avec Victor BORDIGONI de la Motte-Chalancon, Henri ÉBERHARD de Dieulefit, Édouard CHAMPENDAL de Vinsobres, il est membre fondateur de la ‘Brigade Missionnaire de la Drôme’(1), qui évangélise cette région et bien au-delà. Souvenirs dont il témoigne dans son ouvrage « Le matin vient ».
Puis de 1934 à 1935 il exerce son ministère pastoral à Loriol.
Il participe à l’élaboration de la Déclaration de foi de l’Église Réformée de France de 1936, préalable à l’unité des Églises Réformées Françaises de 1938.
En 1936, il prend un poste pastoral à Montpellier, à la chapelle de la rue Brueys et assure une charge de cours de théologie pratique à la faculté de théologie.
En 1939, Jean est aumônier de la 3ème armée. En 1940, il est prisonnier pendant un mois à Saint-Dié.
Son sermon en juin 1940 évoque « saint Augustin sentant vaciller sous la poussée des barbares les assises du monde antique, et Ézéchiel appelant à “relever le mur de défense et se tenir sur la brèche” et à “mener la guerre de l’esprit” ». Il participe à la rédaction des thèses de Pomeyrol en 1941, texte de résistance chrétienne aux totalitarismes nazies et vichystes.
Il soutient sa thèse de licence en 1942, consacrée au catéchisme de Heidelberg.
De 1943 à 1945, Jean est membre du Comité Départemental de Libération de l’Hérault. Il fait partie du premier comité régional de Libération en octobre 1943. Il coopère à la diffusion de tracts et journaux clandestins, à l’hébergement de réfractaires et à l’armement des FTPF, à l’organisation des départs au maquis. Il abrite chez lui des persécutés de toute sorte, en lien avec l’Armée du Salut et les dominicains et dominicaines de la ville.
Le 9 juin 1944, la Gestapo perquisitionne son domicile de Montpellier. Grâce à la présence d’esprit de son épouse qui le prévient d’une rafle en cours, Jean prend la fuite direction de Vabre. Sa tête est mise à prix pour 1,5 million de francs. Un premier refuge lui est trouvé dans une maison de repos pour « malades mentaux », titre utile pour cacher des suspects. Sa famille le rejoint un peu plus tard.
Pendant cette période il participe à la vie et à l’action du maquis, apportant à tous les hommes le réconfort constant de sa présence.
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Gilbert JOSS, Secrétaire Général du Musée