Oeuvres et mouvements protestants du Dauphiné – EPISODE 4

SAGA : « Oeuvres et mouvements protestants du Dauphiné

Tous les 1ers de chaque mois, découvrez un épisode !

Épisode 4

   Diaconnesse de Reuilly (1841)
La Communauté des Diaconesses de Reuilly est née de la rencontre à Bordeaux entre le pasteur Antoine VERMEIL (1799-1864) et de Marie Françoise-Caroline MALVESIN (1806-1899), l’une de ses paroissiennes. Son père, originaire de Saintonge, est négociant en gros de denrées coloniales. Elle perd sa mère à 13 ans. La famille compte six enfants, dont deux sœurs plus âgées qu’elle, et trois frères.

Vers 1820, son père se retourne en Saintonge avec ses trois filles après avoir été ruiné par le Blocus continental(1). Alors que ses deux sœurs aînées se marient, Caroline rêve, vers ses dix-sept ans, de devenir « sœur de charité », bien qu’il n’existe à l’époque aucun ordre religieux protestant en France.
Après le décès de son père en 1824, elle prend un travail de préceptrice dans une famille de la région. En 1832, elle quitte ce poste pour aller aider sa sœur, à diriger un pensionnat de jeunes filles qu’elle a ouvert à Bordeaux. Elle y restera jusqu’en 1841. C’est alors qu’elle y rencontre le pasteur Antoine VERMEIL, avec qui elle établit des relations amicales. En neuf mois, par des échanges de lettres entre février et novembre 1841, la Communauté des Diaconesses de Reuilly voit le jour.
Elle monte à Paris avec le pasteur VERMEIL et son épouse, pour les aider dans l’organisation d’œuvres charitables. Cette action se concrétise dans diverses réalisations : infirmerie pour jeunes tuberculeux, refuge pour prostituées, visites et réinsertions de prisonnières.

Outre cette action en faveur des plus déshérités, le pasteur VERMEIL et Caroline MALVESIN sont inspirés par une communauté religieuse, la Diaconie de Kaiserswerth, à la fois hôpital et centre de formation, fondée en Allemagne en 1836 par le pasteur luthérien Theodor FLIEDNER (1800-1864) et son épouse Friederike MÜNSTER (1800-1842) sur le modèle des anciennes diaconesses remis à l’honneur par les Frères moraves(2) dès 1745. Antoine VERMEIL et Caroline MALVESIN concluent, devant l’état d’un protestantisme français divisé, que la restauration d’ordres religieux pouvait devenir un ferment d’unité dans l’Église.

La fondation de communauté religieuses en général, et donc celle des diaconesses, ne fut pas immédiatement bien accueillie par les églises protestantes. Les concepts de vœux, d’obéissance, d’engagement semblaient aller à l’encontre des fondements de la foi Réformée. Le soutien financier et moral fut néanmoins important de la part de certaines personnalités du Réveil telles que Henriette ANDRÉ-WALTHER (1807-1886).

L’hôpital de Reuilly est reconstruit, en rasant les vieilles bâtisses du XVIIIe siècle.
La vie religieuse s’est développée ainsi que des actions caritatives (soins des malades, éducation…). Ces actions en faveur des plus vulnérables ont trouvé leur prolongement au sein de la Fondation.

(1) Blocus continental : Décret publié contre l’Angleterre par l’empereur Napoléon en 1806
Article 1 : Les Iles Britanniques sont déclarées en état de blocus.
Article 2 : Tout commerce et toute correspondance avec les Iles Britanniques sont interdits.
(2) Frères moraves : est une dénomination protestante qui s’inspire de la prédication de Jan Hus, mort en 1415. Elle doit son
nom au fait qu’une communauté a été créée en Saxe par des exilés chassés de Moravie par la persécution religieuse

 

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