SAGA : « Personnages protestants qui ont marqué le Dauphiné » !
Tous les 1er et 15 de chaque mois, découvrez un épisode !
Épisode 19/b
NEFF Félix (1797-1829)
Bien que considéré comme le pasteur de Freissinières, Félix NEFF est officiellement affecté au Queyras où il dispose du presbytère d’Arvieux à La Chalp.
Lorsqu’il se trouve dans la vallée de Freissinières, il réside à Dormillouse dans une maison louée ou mise à sa disposition, au quartier des Romans.
Lorsque Félix NEFF arrive, il n’y a plus de pasteur titulaire en poste dans les vallées qui ne sont donc desservies que de façons occasionnelles.
Les pasteurs désignés ne restent pas longtemps en poste et les pressentis n’acceptent que rarement les propositions.
Les montagnards lui font bon accueil et s’étonnent de son agilité à gravir leurs rochers et de la facilité avec laquelle il se fait à leur genre de vie. Félix est profondément marqué par la situation qu’il découvre, surtout à Dormillouse, sur le plan social, moral, économique et religieux.
La plupart des habitations n’ont ni cheminées ni fenêtres et, pendant les sept mois d’hiver, la famille vit à côté des animaux pour avoir quelque chaleur, le fumier n’est enlevé qu’une fois par an.
Il n’y a pas de médecin et les habitants ne savent faire ni bouillon ni tisane, on va même jusqu’à donner aux malades du vin et de l’eau de vie. Les habitants sont sales, mal vêtus et n’ont aucune hygiène alimentaire non plus. Le pain fait de seigle pur grossièrement moulu n’est cuit qu’une fois par an, ceci faute de combustible. Ils sont extrêmement sauvages, surtout les jeunes, au point qu’ils se précipitent dans leurs maisons dès qu’ils aperçoivent un étranger. Enfin, les femmes sont traitées avec dureté et mépris. Elles ne se mettent pas à table et ne mangent pas avec les hommes qui leur donnent un peu de nourriture par-dessus l’épaule, sans même se retourner.
Sur le plan religieux, la situation n’est guère meilleure. Félix ne trouve plus chez ces purs descendants des Vaudois « la connaissance du Seigneur ». La plupart ont encore du respect pour les Saintes Écritures mais ils ignorent quasiment tout de la doctrine protestante, et ce à un point tel qu’ils n’ont rien compris à ce que leur a enseigné un pasteur venu les visiter quelques mois avant l’arrivée de Félix.
Cette situation est la conséquence directe de l’absence quasi totale d’éducation religieuse pendant près d’un siècle et du manque d’ouvrages religieux. À Freissinières, Félix NEFF n’a en effet trouvé dans toute la vallée que quelques Bibles et Nouveaux Testaments catholiques.
Confronté à cette situation assez catastrophique, Félix va consacrer toute son énergie et tout son temps à essayer d’améliorer la vie des habitants et à les rétablir dans la foi de leurs ancêtres.
Félix privilégie donc l’instruction de ses paroissiens. Ne pouvant faire venir des instituteurs il donne lui-même des leçons à tous ceux qui veulent bien en recevoir, aussi bien grands que petits.
L’année suivante, il fait venir à Dormillouse deux instituteurs du Queyras et commence l’installation d’une école dans un bâtiment commun qu’il réussit à aménager complètement, avec même un poêle, grâce à des subsides venus de Suisse.
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Gilbert JOSS, Secrétaire Général du Musée