Personnages protestants qui ont marqué le Dauphiné – ÉPISODE 37

SAGA : « Personnages protestants qui ont marqué le Dauphiné » !

Tous les 1er et 15 de chaque mois, découvrez un épisode !

 Épisode 37 

MALOSSANE Odette (1919-1945) 

Odette naît le 27 juillet 1919 à Clérieux, à 20 km au nord-est de Valence (Drôme), dans le bâtiment de l’école publique qui est devenu la mairie. Odette est la fille unique d’un couple d’instituteurs : Gaston Augustin MALOSSANE (1883-1925) et Élise GARDE (1885- ?). Les MALOSSANE sont originaire de Chatuzange-le-Goubet (Drôme). Odette fréquente la paroisse protestante de Romans. 

Après son Brevet, Odette poursuit ses études dans une institution américaine en Normandie et en sort avec un diplôme de puéricultrice. 

À Paris, elle obtient le diplôme d’État d’infirmière. Elle étudie la psychologie infantile à Lyon en 1943 et devient assistante sociale auprès du tribunal de Valence. 

Dès décembre 1943, Odette est associée par hasard aux actions de combat. Elle est appelée comme infirmière au secours des blessés allemands du train saboté par la Résistance à Vercheny. Elle accomplit parfaitement son devoir humain, en accord avec à ses valeurs protestantes, en soignant les soldats allemands brûlés par les braseros de leurs wagons déraillés. 

À l’exemple de son oncle Benjamin MALOSSANE1 (1886-1970), chef civil du Royans et du sud du Vercors, Odette s’engage dans la Résistance. Les maquisards ont installé un hôpital à Saint-Martin-en-Vercors. Elle y arrive le 10 juin 1944 et devient infirmière major. Très vite, tout le monde l’appelle par son surnom « Etty ». 

Le 14 juillet, après l’énorme parachutage allié sur Vassieux, les avions allemands viennent aussitôt bombarder le village et le terrain d’atterrissage, ainsi que La Chapelle-en-Vercors. Des blessés arrivent à l’hôpital, Odette organise leur réception et les premiers soins avec les infirmières, elle passe la nuit à assister les médecins dans la salle d’opérations, reprenant son travail le lendemain, pratiquement sans repos. 

Lorsque, à partir du 21 juillet, les planeurs allemands atterrissent à Vassieux et que le combat fait rage, « Etty » part avec les docteurs sous le mitraillage des avions à croix noire… Devant la montée des Allemands au Vercors, l’hôpital de campagne de Saint-Martin doit se replier vers le sud. 

Blessés, malades et leurs soignants, 122 personnes, s’embarquent dans un car, deux camions et une voiture et prennent la direction de Die où ils arrivent au petit matin du 22 juillet. Mais les Allemands approchent par la vallée de la Drôme et vont entrer dans la ville. Le convoi remonte sur le « plateau » et cache tout le monde dans la grotte de la Luire, sur la commune de Saint-Agnan-en-Vercors. 

L’entrée n’est pas visible de la route et on n’y accède que par un sentier en sous- bois difficile à trouver. Tous les blessés sont brancardés de nuit au flanc de la montagne. On monte aussi le matériel sanitaire et le ravitaillement. 

« Il faut s’organiser dans cet asile précaire, pourvoir aux soins et à la nourriture des blessés. « Etty » se dépense sans compter. Mais c’est chose difficile dans cette grotte profonde, semée de cailloux croulants, avec un bruit qui se répercute jusqu’à l’entrée. Il faut aussi lutter contre la froide humidité de l’eau suintant du roc. 

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Gilbert JOSS, Secrétaire Général du Musée

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