Personnages protestants qui ont marqué le Dauphiné – ÉPISODE 4

NOUVELLE SAGA : « Personnages protestants qui ont marqué le Dauphiné » !

Tous les 1er et 15 de chaque mois, découvrez un épisode !

Épisode 4

De BEAUMONT François, baron des Adrets (1512 ou 1513-1587)

François naît vers 1512 ou 1513 dans la maison-forte de son père à Villard-Château, dans la commune des Adrets (Isère).

Il est le fils de Georges de BEAUMONT, baron des Adrets et de Jeanne de GUIFFREY. Il épouse Claude de GUMIN dont il a plusieurs enfants. Aucun de ses deux ou trois fils ne lui a survécu. L’un d’eux trouve la mort au siège de La Rochelle en 1573. Il laisse également deux filles dont une seule a des descendants.

De 1525 à 1559, il guerroie en Italie, où il se distingue par sa bravoure sous les ordres du maréchal de BRISSAC. Il est fait prisonnier en 1558, à Moncalvo par les Espagnols et doit payer rançon pour se libérer.

À la suite du massacre de Wassy en mars 1562 par de GUISE puis des défaites des armées protestantes à Cahors, Amiens, Sens, il prend en avril le commandement des protestants de Provence, et pénètre dans Valence avec 8’000 hommes. À partir de cet instant et par des chevauchées fulgurantes, il pille et saccage Vif, déroute l’adversaire à Romans-sur-Isère, Vienne et Grenoble où il pille la collégiale Saint-André et la cathédrale Notre-Dame de Grenoble.

Le 5 mai 1562, il rentre victorieux dans la ville de Lyon. Après avoir pris Feurs dans le Forez, le 3 juillet, il marche sur Montbrison à la tête de quatre mille hommes et s’en empare le 14 juillet 1562. Il y fait sauter la garnison du haut des remparts sur des piques. Ils pillent et brûlent le monastère de la Grande Chartreuse, le 5 juin 1562.

Le baron se dirige ensuite directement vers le château de Montrond, où le gouverneur du Forez s’était retranché. Il y entre le lendemain ; puis, y laissant QUINTEL, un de ses lieutenants, se retire à Lyon, non sans avoir laissé derrière lui de nombreuses traces de sang. À Montrond il pille l’église ; et parce qu’ils étaient trop lents à lui apporter les vases sacrés, il fait, ajoute la chronique, « jeter en bas du clocher le curé et le marguillier ».

Cette façon de faire la guerre déplaît à CALVIN. Le 17 juillet, il est remplacé à Lyon, au poste de lieutenant général, par SOUBISE. Le récit des représailles d’Orange par les troupes papales le met en furie. Il brûle la Grande Chartreuse, puis pille et massacre plusieurs villes de la vallée du Rhône. Le 2 août 1562, le palais des papes de Sorgues, défendu par une garnison italienne, est brûlé par le baron.

Son contemporain Jacques-Auguste de THOU narre : « le Baron va à Tulette, à deux lieues de Valréas, il chasse les Italiens qui sont en garnison à Caderousse, à Bédarrides, à Courthézon, à Orange, à Sarrians, à Piolenc, et à Châteauneuf. Il se rend maître du pont de Sorgues, et du fort qui est dessus. L’épouvante et la frayeur que son arrivée causent dans le pays sont si grandes, que même la ville d’Avignon craint et se prépare à soutenir un siège : mais il fait tout d’un coup volte-face, et tourne du côté de Carpentras, qu’il croit pouvoir surprendre par finesse.

Un historien du début du XIXe siècle donne une version légèrement différente : « Il attaque le superbe château du Pont de Sorgues, anciennement bâti par le cardinal François de CLERMONT. Quelques Italiens mis en garnison par Fabrice SERBELLONI, font mine de vouloir le défendre : il les enterre tous pêle-mêle dans les cendres de la place presque entièrement brûlée ».

Le baron ruine aussi le couvent des Célestins de Gentilly de Sorgues.

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Gilbert JOSS, Secrétaire Général du Musée